Nouvelle formation en urgences obstétricales en RDC

Une nouvelle formation sur les soins obstétricaux néonatals d’urgence (SONU) a été élaborée par et pour des sages-femmes de la République démocratique du Congo (RDC). L’initiative, dirigée par l’association nationale de sages-femmes — la Société congolaise de la pratique sage-femme (SCOSAF) —, utilise les pratiques exemplaires fondées sur des données probantes et les résultats d’une analyse locale des lacunes en matière de compétences en urgences obstétricales pour cibler les besoins en formation des sages-femmes de la RDC.

Formation des sages-femmes

 

La formation contribuera à réduire la mortalité maternelle et infantile en perfectionnant les compétences des sages-femmes qui travaillent actuellement dans les établissements de santé de Kinshasa. Selon l’analyse des lacunes effectuée, seulement 8 % des sages-femmes en exercice dans les centres spécialisés avaient suivi la formation en urgences obstétricales (SONU) obligatoire du ministère de la Santé depuis la fin de leurs études initiales en pratique sage-femme. Il est renversant de constater que le bilan de 6 décès maternels et de 24 décès néonatals enregistrés dans les établissements de santé de l’étude (6 établissements de santé et 909 naissances) en mars 2017 aurait pu être considérablement réduit si les sages-femmes en service avaient reçu une meilleure formation en soins obstétricaux d’urgence. Cela est d’autant plus vrai que les causes de décès consignées sont celles couramment observées dans d’autres pays défavorisés — à savoir l’hémorragie post-partum, l’avortement septique, l’éclampsie et l’infection post-partum —, dont le résultat est bien meilleur lorsqu’elles sont prises en charge par des professionnels de la santé formés pour agir rapidement, correctement et avec assurance.

« Ce qui rend unique ce nouveau programme de formation est le fait que les sages-femmes ont participé à toutes les étapes de son élaboration », dit Kirsty Bourret, sage-femme canadienne et consultante ayant travaillé en partenariat avec la SCOSAF pour mettre la formation sur pied. De la réalisation de l’analyse des lacunes et l’évaluation de ses résultats à la rédaction de nouveaux manuels de formation, en passant par la formation d’enseignantes et de sages-femmes en exercice, les sages-femmes congolaises ont dirigé chaque étape du processus.

« La profession de sage-femme en RDC est dans un moment où elle voit naître de nouvelles possibilités », partage le président de la SCOSAF, Ambrocckha Kabeya. La profession est réglementée pour la première fois; un programme de formation en pratique sage-femme sans préalable en formation infirmière, conforme aux normes de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), a été lancé en 2013, et l’association a augmenté son nombre de partenariats avec les intervenants nationaux et internationaux engagés à voir la profession s’épanouir en RDC. Cependant, des années d’instabilité et de changements dans la définition de la profession l’ont laissée relativement fragile. Les sages-femmes manquent encore d’autonomie et de compréhension de leur champ d’exercice.

Pour cette raison, il est essentiel qu’elles soient à la tête de toutes les étapes du processus. Vingt-cinq sages-femmes ont récemment été formées pour devenir formatrices en soins obstétricaux d’urgence à l’aide du nouvel outil, fondé sur une approche d’apprentissage pratique, concrète et axée sur les compétences. Il s’agit d’une réalisation remarquable pour la profession en RDC, considérant qu’il n’y avait que trois sages-femmes aptes à donner cette formation au pays.

Les formatrices nouvellement formées, accompagnées d'homologues canadiennes, enseigneront à 120 sages-femmes en exercice dans les trois prochains mois et d’autres suivront dans les années à venir. Non seulement la formation palliera des lacunes importantes en matière de connaissance des soins obstétricaux d’urgence, mais elle est aussi conçue pour clarifier du même fait le rôle des sages-femmes dans des situations d’urgence (leur champ d’exercice), assurant ainsi des soins plus rapides pour les clients en état critique et une autonomie accrue de la profession.

 

L’élaboration de la formation en SONU est appuyée par Les sages-femmes sauvent des vies, un projet de santé maternelle et néonatale mené par Cuso International en partenariat avec l’Association canadienne des sages-femmes et la SCOSAF et financé par le gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.